Le samedi 16 mai dernier, Nadine, adhérente du CPIE et fin connaisseuse du parc du Pâtis, a animé une sortie adhérents « Le Pâtis d’hier à aujourd’hui« . Elle nous raconte la sortie dans cet article.
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Nous sommes une douzaine à nous retrouver sur le parking de la Gironnette. Je déplie deux cartes au 1/25 000e en guise d’introduction.
Entre Jablines et Changis, la Marne décrit une succession de boucles. Riches en sols alluvionnaires, ces méandres ont longtemps été prisés par les industriels de l’extraction pour leurs gisements de sable et de graviers.
Au Parc du Pâtis, nous sommes donc bien sur une ancienne carrière, tout comme à Jablines (en aval), devenue Base Régionale de plein air et de loisirs, ou sur le site du Grand-Voyeux (en amont), devenu Réserve Naturelle Régionale.
Grâce à la carte, nous visualisons l’étendue du site du Pâtis : nous suivons le tracé de la Marne, découvrons les nombreux étangs qui la bordent mais aussi les quartiers de Dunant et de Beauval. Nous sommes bien au Parc Naturel du Pâtis, l’un des plus vastes d’Île-de-France.
Je connais bien les 150 hectares du site pour les avoir régulièrement parcourus à cheval dès les années 1980. Familière d’un paysage alors « chamboulé » propice aux friches, aux décharges sauvages et aux carcasses de voitures incendiées, j’ai suivi avec intérêt la renaissance du Parc à l’aube des années 2000.
Du parking de la Gironnette, nous nous dirigeons plein ouest.
— « Nadine, pourquoi ces arches de pierre ? »
— « Ce sont les derniers vestiges de Joy Parc, ouvert de 1956 à 1958. »
Et d’énumérer, photos à l’appui, quelques-unes des attractions : le petit train à vapeur et ses wagonnets de carrière recyclés, le circuit routier et la fameuse baleine de 25 mètres installée près de l’étang du Bois Dormant.
Nous nous engageons ensuite sur la grande passerelle entre l’étang aux Cygnes et celui du Martin-Pêcheur.
— « Mais qui l’a installée ? », me demande Simon, 10 ans.
— « C’est l’atelier CEPAGE. La conception et la réalisation du Parc lui ont été confiées. Les principaux aménagements ont été réalisés entre 2002 et 2004. »
Cette passerelle au ras de l’eau est quasiment magique. Grèbes huppés et Foulques macroules s’activent à achever leurs nids. Plus loin, face à nous, trône un imposant nid de Héron cendré où s’affaire déjà le couple des futurs parents.


Nous poursuivons notre chemin en direction de la plage, réhabilitée en 2007, où nous rejoignons les bords de Marne. Nous passons devant le Club d’Aviron.
On me questionne :
— « L’aviron se pratique toute l’année ? »
— « Oui, hors périodes de crue. »
L’occasion d’évoquer les épisodes de 2018, 2021 et même, plus récemment, celui très bref de l’hiver 2025. Lors des crues, le parc joue un rôle de bassin de rétention en absorbant une partie du trop-plein de la Marne limitant son expansion vers la ville.
Nous voilà à la Noue.
— « Cette ouverture sur la Marne est-elle naturelle ? »
— « Non. Une noue a été creusée à l’emplacement d’une ancienne parcelle agricole régulièrement inondée en hiver. Elle fait partie des aménagements réalisés par CEPAGE. »
Elle abrite un riche milieu aquatique associé à ses roselières, ainsi qu’une frayère à brochets. Force est de constater que les arbres ont aujourd’hui largement colonisé les berges.
— « Va-t-on intervenir pour dégager la noue ? »
— « Oui, mais il faudra attendre l’achèvement des travaux en aval, au niveau du barrage de Meaux, avant d’engager une restauration. Un drone a d’ailleurs été utilisé afin d’étudier les futurs aménagements nécessaires à l’optimisation de la frayère. »
Je ne peux résister au plaisir de faire un détour par le promontoire où se trouve l’un des panneaux pédagogiques du parc, intitulé « Les usagers du Parc ».
Simon énumère pêle-mêle les promeneurs, les cyclistes, les pêcheurs, la brigade équestre, les agents municipaux des espaces verts chargés de l’entretien et du nettoyage… et moi-même à cheval, menant une équipe de jeunes cavaliers à poney !

Nous poursuivons notre route le long de deux grandes jachères. Anciennes parcelles agricoles, elles attendent leur reconversion, mais sans doute pas trop longtemps, avant que les saules ne referment progressivement le paysage.
À proximité de l’étang de la Grande Roselière, nous percevons le raffut des mouettes et des Sternes pierregarins.
Un radeau flottant a été installé sur l’étang en 2025.
— « Pourquoi ? »
— « Pour favoriser la reproduction de la Sterne pierregarin. D’ailleurs, la pose d’un second radeau est à l’étude. »
Ponctué de nombreux arrêts, notre cheminement ne nous aura finalement pas permis de boucler le parcours initialement prévu. Il nous faut déjà rejoindre le parking de la Gironnette.
Un ultime récapitulatif avant de nous quitter permet de rappeler que le Parc Naturel du Pâtis accueille une biodiversité remarquable. Cette richesse lui a valu son classement en site Natura 2000 ainsi qu’en ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique).
L’enjeu majeur du parc est aujourd’hui de concilier fréquentation humaine, diversité des activités et préservation de cette exceptionnelle richesse écologique.
Après cette belle parenthèse naturaliste et conviviale, nous convenons de nous retrouver pour une seconde édition !


Un grand merci à Nadine pour la préparation et l’animation de cette sortie.

